Tout le monde aura reconnu dans ce titre la référence à une émission de téléréalité, intitulée « je suis une célébrité, sortez-moi de là ! ». La série Ray Donovan m’a très largement inspiré une réflexion douce-amère sur la place réelle de l’anonymat.

 

Coups de poing et paillettes

Ray Donovan est un consultant sévissant à Hollywood. Derrière ce terme passe-partout, se cache une réalité un peu moins glamour : son véritable métier consiste à réparer les différentes erreurs de ses célèbres clients, qu’il s’agisse d’adultère, de prise de stupéfiants ou parfois de cadavres à planquer ailleurs que dans un placard. Outre sa vie professionnelle assez intense, il jongle avec deux frères, l’un atteint de la maladie de Parkinson et l’autre, se remettant des violences sexuelles qu’il a subies enfant, d’un demi-frère, d’un père sortant de prison, d’une épouse désespérante sans oublier deux enfants adolescents.

La vie est loin d’être un long fleuve tranquille à Los Angeles et l’un des éléments que Ray Donovan doit impérativement contrôler, est la vie privée de ses clients. Plus précisément, il doit faire en sorte que ce que font ses clients en privé ne s’étale pas sur les réseaux sociaux ni dans la presse à scandale. Autant vous dire qu’aux États-Unis, c’est une gageure.

Dans les premiers épisodes de la saison 1, il doit faire en sorte qu’une vidéo à connotation sexuelle ne soit pas divulguée ni rachetée par un tabloïd. Outre le fait que l’hypocrisie concernant la sexualité des acteurs américains est toujours bien présente — la vidéo montrant un acteur faisant une fellation à une personne transgenre — cela questionne sur les barrières individuelles que l’on peut se mettre et une forme de censure.

Fardeau

Je n’aimerais pas être une célébrité aujourd’hui, peu importe le domaine. Avant l’avènement du smartphone, les stars et autres personnes connues étaient pourchassées par les paparazzis, mais elles n’avaient pas à craindre qu’un inconnu puisse sortir un appareil photo de son sac dès qu’elles allaient chercher une baguette de pain. Aujourd’hui, nous sommes tous devenus potentiellement chasseurs d’images et de vidéos, que l’on publie sur les réseaux sociaux.

Évidemment, les sommes d’argent que ces personnes gagnent peuvent compenser l’absence de vie privée et intime, mais est-ce que ça en vaut le coup ? À partir de quelle somme arrive-t-on à se dire que le jeu en vaut la chandelle ? Les émissions de téléréalité ont déjà plus ou moins donné la réponse, mais l’évaluation psychologique des candidats a montré que cette surveillance constante n’avait pas été sans conséquence.

Cette surveillance constante, ce poids du regard des autres et du jugement permanent finit par générer une forme de censure et d’hypocrisie. Cette dernière n’est pas inutile dans les relations sociales et il est parfois plus facile de sourire à quelqu’un que de déclencher des hostilités. Mais parfois, on peut se retrouver au cœur d’un tourbillon à notre insu.

Chasse aux sorcières

Dans Ray Donovan, les clients de ce dernier ont des bataillons d’avocats, d’équipes de sécurité et notre héros pour garder un semblant de vie privée et intime. Mais sur les réseaux sociaux, en particulier sur Twitter, on assiste à des scènes assez ubuesques. On fait des recherches pour identifier un compte sous pseudo et on balance son identité, on contacte l’employeur d’une autre pour demander son licenciement, on vilipende l’entreprise si elle ne se débarrasse pas de la personne, etc. les exemples récents ne manquent malheureusement pas.

Ce qui est parfois curieux, c’est que les mêmes personnes qui montent au créneau pour défendre l’anonymat sur les réseaux sociaux contre les politiques sont parfois les premières à divulguer l’identité d’internautes sous pseudonymat ou à inciter leurs employeurs à les renvoyer.

Aussi bien sur Twitter que sur Mastodon, ces derniers jours, on a pu assister à des échanges très virulents, ce qui amène à la réflexion suivante : doit-on s’autocensurer pour éviter de se retrouver au milieu d’une bataille rangée d’internautes, tous plus chauffés à blanc les uns que les autres ? On sait que les réseaux sociaux sont étudiés et pensés pour susciter de l’émotion et non du raisonnement, mais quel a été le tournant, le facteur qui fait qu’on se retient de poster un message parce qu’on ne sait pas comment il va être interprété et surtout, s’il peut être utilisé contre nous ? Récemment, je me suis surprise à me retenir de poster quelque chose, car les conséquences que cela pouvait avoir me semblaient très disproportionnées. J’échange de plus en plus en privé avec les gens ou dans des cadres très restreints voire oralement, à mon domicile, car je sais que les propos ne seront pas mal compris ou déformés. Je me retiens aussi de partager certaines photos, qui ne sont ni vulgaires ni violentes, tout simplement parce que je me demande dans quelle mesure cette image, qui me paraît innocente à l’instant T, ne pourraient pas avoir des conséquences dommageables dans quelques mois. Pour être tranquille dans l’intimité, doit-on bannir smartphone et autres appareils d’enregistrement divers ? Devons-nous pousser la paranoïa jusqu’à établir une zone de non-captation dans nos intérieurs afin d’être sûrs que des moments privés ne se retrouvent pas sur la place publique, à notre insu ?

C’est dommage qu’on ne puisse pas disposer de son propre Ray Donovan pour être mettre fin à certaines situations périlleuses. 

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