Stéphane Richard ne cachait pas sa joie, en ce début d’année 2019, au moment d’inaugurer le câble de fibre optique sous-marin Kanawa, reliant la Guyane à la Martinique.

 

Il faut dire que le président-directeur général d’Orange peut se targuer d’être à la tête de l’un des derniers opérateurs au monde à disposer en propre d’une filiale spécialement dédiée à l’édification de ce qui constitue aujourd’hui les noeuds névralgiques de l’information numérique : les câbles de fibre optique sous-marins.

Avec un chiffre d’affaires estimé selon les registres déposés au RCS à 68,3 millions d’euros en 2017, pour un bénéfice net de 1,3 million d’euros à l’issue du même exercice, Orange Marine s’impose en effet comme un acteur majeur du secteur de la pose et de la maintenance de ces câbles, par lesquels transitent aujourd’hui 95 % des télécommunications, ne laissant qu’une portion congrue aux satellites.

Connue à l’origine comme la branche dédiée aux câbles sous-marins du Ministère des Postes et Télécommunications, la société, aujourd’hui dirigée par Didier Dillart devient filiale à 100% du groupe Orange en 1999. Un investissement jugé stratégique tant par l’opérateur historique que par les autorités françaises, qui voient dans l’édification du réseau de câbles sous-marin un secteur stratégique.

Ce que confirme Jean-Luc Vuillemin, le directeur Réseaux et Services internationaux d’Orange. Joint par ZDnet, ce dernier indique en effet que “certains pays, comme les Emirats-Arabe Unis, le Japon ou la France avec Orange Marine ont fait des choix stratégiques en termes de souveraineté nationale en conservant chez eux des opérateurs maritimes, afin de parer à toute éventualité en cas de crise géopolitique ou de catastrophe naturelle”.

Des enjeux considérables

Il faut dire que l’enjeu, par nature souterrain, s’avère d’une extrême importance. Dernière illustration en date : la rupture fin janvier d’un câble sous-marin reliant les îles Tonga au réseau mondial a privé les 100 000 habitants de cet archipel d’accès à la toile pendant deux semaines. Un événement qui a eu des conséquences désastreuses sur le commerce local mais également sur l’ensemble des infrastructures publiques et privées de ce paradis terrestre du Pacifique.

Si la piste d’un accident impliquant l’ancre d’un pétrolier, la cause majeure lors d’événements de ce genre, a d’abord été avancée, l’enquête des autorités locales a laissé la porte ouverte à la possibilité d’un acte de sabotage d’origine inconnue. D’où l’importance de compter sur un acteur à même de pallier à toute éventualité face aux risques majeurs que posent l’hypothèse d’une coupure du réseau.

Fort d’une flotte de 6 navires, Orange Marine revendique aujourd’hui la pose de plus de 210 000 kilomètres de câbles à travers le monde. Une performance au regard de la longueur totale du réseau mondial actuel, évalué à environ 1,2 million de kilomètres, qui permet aujourd’hui à l’opérateur maritime de faire figure d’historique d’un milieu en profonde mutation.

Un portefeuille de clients allant des opérateurs aux GAFA

“Le lancement de grands chantiers de pose de câbles de fibre optique sous-marin, qui était jusque-là l’apanage de consortiums d’opérateurs privés est aujourd’hui de plus en plus le fait des GAFA, au premier rang desquels Google et Facebook, qui se sont imposés ces dernières années comme des acteurs incontournables du secteur”, détaille ainsi Jean-Luc Vuillemin.

“La structuration du marché a fortement évolué, d’abord avec la privatisation des opérateurs, qui se sont constitués en consortium pour partager les risque et les coûts de l’installation de câbles sous-marins jusqu’à ces trois à quatre dernière années. Aujourd’hui, le marché est peu à peu dominé par les GAFA, qui pourraient représenter 80 % de la bande passante transitant par les câbles sous-marins d’ici à 2 à 3 ans”, précise encore ce dernier. A tel point que les géants du numériques, désireux d’améliorer le relais entre leurs différents datacenters devraient bientôt peser pour l’essentiel des investissements réalisés dans le secteur.

Une nouvelle donne dont entend bien profiter Orange Marine, qui est partie prenante au projet Dunant porté par Google pour relier les 6 600 kilomètres séparant les côtes américaines et françaises. Un projet pharaonique auquel Orange Marine participe “en qualité de responsable de la partie française du câble”, où l’opérateur maritime sera notamment chargé de “la construction et l’exploitation de la station d’atterrissement sur la côte atlantique française”.

“L’importance des câbles sous-marins est souvent sous-estimée, alors que leur rôle est au cœur de notre monde numérique. Je suis fier qu’Orange continue d’être un leader mondial dans l’investissement, le déploiement, la maintenance et l’exploitation de ces infrastructures clés. Google est un partenaire privilégié d’Orange et ce projet reflète tout à fait l’esprit de cette relation”, s’était réjoui le PDG d’Orange lors de l’annonce de cette collaboration qui pourrait en appeler d’autres.

Mais Orange Marine n’en oublie pas ses autres partenaires. L’opérateur maritime est ainsi associé à un opérateur chilien pour poser un câble sous-marin qui suivra la côte chilienne, à partir de Puerto Williams pour aller jusqu’à Puerto Montt. Une “opération particulière”, pour le câble d’Orange Marine posé le plus au Sud du monde, comme le soulignait dans les colonnes de “Ouest-France” son président Didier Dillard lors du lancement de cette nouvelle opération en octobre dernier. “Ce chantier difficile de quatre mois va mobiliser toutes les équipes. Les opérateurs seront très concentrés et précautionneux pour être capable d’anticiper le mauvais temps”, faisait-il alors savoir.

Une opération délicate qui devrait toutefois être largement dans les cordes du René Descartes, qui compose avec le Léon Thévenin, le Raymond Croze, le Pierre de Fermat, le Teliri et Antonio Meucci la flotte de 6 navires opérées par la filiale de l’opérateur historique. De grands noms qu’on retrouvera sans doute dans les prochains projets mis en branle pour étoffer les futures autoroutes sous-marines de l’information.

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