Son objectif est de découvrir les meilleures pratiques et de favoriser l’innovation intersectorielle afin de définir et d’améliorer l’expérience des consommateurs dans le domaine de l’automobile. Et j’en suis membre consultatif. Et l’organisation vient de publier son rapport Experiences Per Mile 2030. En voici les principales conclusions.

Le concept de CASE pour de meilleures expériences en voiture

Après plus d’un siècle de statu quo, au cours duquel les voitures à combustion ont été vendues aux particuliers par des réseaux de retail dans le monde entier, l’industrie s’est engagée sur une nouvelle voie ambitieuse : « CASE » (Connected, Autonomous, Shared, Electric) pour évoquer des véhicules électriques, connectés, autonomes, partagés. Pourquoi ces qualificatifs ? Parce qu’ils donnent des indications sur les tendances en cours.

  • D’ici 2030, 96 % des nouveaux véhicules dans le monde seront dotés d’une connectivité intégrée (multiplication par deux depuis 2020)
  • D’ici 2030, 79 % des nouveaux véhicules dans le monde auront une autonomie de niveau 2 ou plus (contre 45 % en 2020)
  • D’ici 2030, 26 % des bénéfices de la mobilité proviendront de nouvelles sources – par exemple, la mobilité à la demande (contre 1 % en 2020)
  • D’ici 2030, 24 % des nouvelles voitures vendues seront électriques (contre 3 % en 2020)

    Le changement personnifié en quatre lettres : C-A-S-E

    « Les conclusions du rapport d’EPM jouent un rôle de catalyseur dans la transformation de l’industrie de la mobilité et contribuent à faire progresser une vision industrielle commune pour la voiture connectée » assure Nick Parrotta, directeur du département numérique
    de Harman, une filiale de Samsung Electronics.

    « Grâce à l’accès aux dernières technologies, l’automobile est devenue la plus puissante plateforme pour intégrer un mode de vie connecté professionnel et personnel » dit-il. Et de citer l’initiative « Workforce on Wheels » qui cherche permettre de travailler d’une manière plus simple et plus sûre. Qu’il s’agisse de conférences téléphoniques faciles à utiliser en voiture, sans bruit de fond, de briefings intelligents pour les clients sur la route, ou de l’utilisation d’applications embarquées dans le véhicule pour commander et prendre le déjeuner.

    Qui se transforme et pourquoi ?

    Les parties prenantes de la transformation de l’industrie automobile sont les constructeurs, les concessionnaires, les fournisseurs de mobilité, les géants de la technologie et de l’informatique, les gouvernements locaux et nationaux.

    Salesforce est un exemple de société technologique qui s’est associée à Harman pour démontrer la toute première intégration d’une plateforme CRM dans le cockpit intelligent de Harman lors du Consumer Electronic Show (CES) 2020 en janvier dernier.

    Les données deviennent le nouveau carburant de l’industrie

    Toute cette transformation est alimentée par la quantité croissante et la disponibilité des données sur les véhicules et la mobilité pour chacun de ces acteurs. Selon les estimations, tous les véhicules en circulation aujourd’hui génèrent plus de 30 000 pétaoctets par jour (pour replacer cela dans son contexte, l’ensemble des œuvres écrites de l’humanité, depuis le début de l’histoire, représente 50 pétaoctets).

    Seule une fraction de ces données sort de la voiture, mais lorsqu’elle en sort, elle peut agir comme un puissant catalyseur de solutions et d’expériences nouvelles et innovantes. Voici quelques exemples de la manière dont les données contribuent à faire progresser la mobilité : Le rapport identifie les principales catégories d’utilisation des données, notamment la sécurité, la cartographie, l’atténuation des risques, la facilitation de la conduite et la personnalisation.

    « Au fur et à mesure que la mobilité progresse, nous verrons la voiture redevenir un lieu privilégié où l’expérience du consommateur sera au centre des préoccupations » explique Charity Rumery, responsable automobiles et
    industrie pour HERE Technologies. « Le fait que les véhicules deviennent connectés et communiquent les informations des capteurs jette les bases de la transformation de cette expérience ».

    « Avec n’importe quel niveau d’ADAS (systèmes avancés d’aide à la conduite – Advanced driver-assistance systems), qu’il s’agisse de conduite assistée ou de conduite autonome, la sécurité est primordiale. Au niveau le plus élémentaire, en ce qui concerne la protection, les capteurs fournissent des informations supplémentaires sur la conduite, ce qui donne aux constructeurs automobiles la possibilité d’améliorer la sécurité, non seulement pour les véhicules autonomes, mais aussi pour tous les autres véhicules du spectre. Par exemple, votre voiture vous avertit des conditions de conduite dangereuses à l’avance ou connaît le trafic à venir et vous suggère un itinéraire différent, évitant ainsi le nombre de collisions ».

    « Le cycle vertueux s’enclenche lorsque ces mêmes données provenant des capteurs des véhicules deviennent également les éléments de base pour la création et la maintenance des cartes numériques qui permettent aux systèmes d’être autonomes. Car à ce moment là, la carte fournit un recoupement de sécurité avec les données des capteurs des véhicules. Par exemple, les données de localisation et de vitesse peuvent être utilisées pour aider à affiner les cartes et fournir une validation de sécurité par rapport à ces éléments afin de garantir des mécanismes de protection et de sécurité avancés pendant la conduite ».

    Vers un nouveau modèle économique de la voiture

    À mesure que les voitures deviendront plus connectées, autonomes, partagées et électriques, l’expérience de l’utilisateur passera de celle d’un simple conducteur à celle d’un voyageur, ou d’un travailleur dans un bureau mobile. Et la marge de progression est conséquente.

    A ce jour, les voitures se classent en dessous de la moyenne en termes
    de facilité d’utilisation par rapport aux autres appareils numériques.
    Rester connecté et productif en voiture semble être un défi particulier,
    de nombreux conducteurs ayant du mal à lire les SMS, à se tenir au
    courant des actualités ou à consulter leur agenda au volant.

    La voiture du futur pourrait donc dans 10 ans devenir le moteur de l’adoption du commerce électronique, de l’assistant virtuel alimenté par l’apprentissage automatique, des technologies vocales alimentées par le traitement du langage naturel, de la réalité augmentée et de l’affichage tête haute, des environnements multi-écrans alimentés par un environnement riche en capteurs utilisant la 5G et le edge computing – et la combinaison de ces technologies permettra aux constructeurs automobiles et à leur écosystème de partenaires d’inventer de nouveaux modèles commerciaux.

    Les expériences numériques grimpent dans l’échelle de l’importance

    Traditionnellement, l’achat d’une voiture était fortement influencé par des facteurs physiques tels que l’esthétique et les performances du véhicule. L’enquête montre que nombre de ces facteurs traditionnels sont dépassés par de nouvelles considérations, comme la manière dont le véhicule s’intègre au mode de vie numérique d’une personne. Les éléments rouge (numérique) et bleu (physique/numérique) des graphiques ci-dessous représentent une priorité croissante des expériences numériques et connectées.

     

    Les causes profondes du retard de l’innovation dans le secteur de l’automobile

    Selon le rapport, cinq facteurs complexes et sous-jacents expliquent pourquoi les constructeurs automobiles et les participants à la mobilité se trompent trop souvent dans leurs appréhensions du marché :

    1. Culturel : Culture axée sur le matériel (par opposition au consommateur). Aujourd’hui, les constructeurs automobiles qui se transforment en fournisseurs de mobilité ont tendance à être trop éloignés et séparés des utilisateurs finaux de leurs produits et/ou à se reposer entièrement sur les concessionnaires pour l’interaction quotidienne avec les clients et leurs besoins.
    2. Technique : Des plates-formes trop rigides. Il peut encore falloir quatre à cinq ans pour concevoir et lancer une voiture ou une plateforme de mobilité entièrement nouvelle qui permette d’intégrer les technologies numériques utilisées par les clients.
    3. Organisationnel : Des silos partout. Les consommateurs dépendent de plus en plus de multiples formes de transport pour se rendre d’un point A à un point B et de multiples appareils et applications pour gérer leur vie, de sorte qu’il peut être difficile pour une seule entreprise de posséder la « vue d’ensemble » du point de vue du consommateur.
    4. Problèmes de communication. Le jargon de l’industrie n’est pas un langage centré sur le client. Il existe un langage assez mal adapté, qui n’a pas de résonance pour les propriétaires de véhicules et les utilisateurs de mobilité.
    5. Commercial : Modèles de partenariat et business model dépassé.

    L’innovation collaborative pour un changement réel

    Aucune entreprise ne peut à elle seule répondre à chacun des problèmes listés ci-dessus. Au lieu de cela, l’écosystème de la mobilité au sens large devra changer sa façon d’innover et de collaborer pour réussir. Il existe huit exemples de la manière dont la collaboration peut conduire à une véritable transformation pour améliorer l’expérience de mobilité.

    1. Les consommateurs d’abord ! Prenez une vue à 360 degrés du client
    2. Intégration transparente entre les multiples composantes de la mobilité
    3. Des sand box pour l’open innovation
    4. L’union fait la force grâce à des partenariats réfléchis
    5. Relever les défis de l’autonomie
    6. Faire face aux perturbations du modèle économique
    7. Adopter des mesures transparentes et quantifiables

    Le rapport note que tous ces changements peuvent se produire parallèlement aux progrès technologiques que l’industrie connaîtra au cours de la prochaine décennie. Alors que les attentes des clients en matière d’expérience augmentent au fil du temps, l’écosystème de la mobilité devra s’adapter à ce changement en mettant en œuvre ces meilleures pratiques.

    « La réalité est qu’à mesure que les voitures deviennent plus connectées, elles deviennent une nouvelle surface d’attaque qui peut être ciblée par les cyber-criminels. Nous avons vu à maintes reprises que les attaquants sont créatifs et opportunistes. S’il y a une vulnérabilité à exploiter ou une faiblesse à trouver dans les plateformes de mobilité connectées, ils la cibleront – surtout s’il y a un quelconque profit à en tirer » note Eloy Avila, directeur de la technologie chez Darktrace.

    « Les véhicules connectés recevront et enverront constamment des données, et bien qu’il puisse être difficile pour nous d’imaginer comment ces données pourraient être utilisées, les pirates ont déjà prouvés qu’ils peuvent monétiser et exploiter les données de diverses manières ».

    « Les quatre changements clés présentés dans le rapport – connecté, autonome, partagé et électrification – se recoupent de manière unique. Une connectivité accrue et les vulnérabilités que cette connectivité pourrait créer, lorsqu’elles sont associées aux progrès majeurs de la technologie autonome, représentent un risque majeur pour la sécurité. Il est nécessaire de prendre en considération la manière dont l’innovation se croise pour avoir une vue d’ensemble des défis potentiels en matière de sécurité et les résoudre avant que les dégâts ne soient causés ».

    « Une tendance inquiétante en matière de sécurité que nous avons constatée avec certains dispositifs IdO est que la sécurité est une considération après coup, lorsque les vulnérabilités commencent à être exposées ou qu’un fabricant se rend compte que les consommateurs ne prennent pas les précautions nécessaires. Ces discussions doivent avoir lieu de manière préventive, non seulement dans le secteur automobile, mais aussi dans tous les secteurs de l’IoT ».

    Une feuille de route pour la prochaine décennie de succès en matière de mobilité

    La feuille de route de dix ans pour l’innovation et la transformation commence aujourd’hui par l’expérimentation et l’apprentissage. L’économie de l’expérience influencera fortement les acheteurs et les parties prenantes de 2024 à 2027 et, alors que nous approchons de la fin de la décennie, nous entrons dans l’écosystème combiné de la mobilité et du mode de vie.

    C’est ce que note le rapport : « le « véhicule » est l’acteur. Il vous apporte des « destinations », plutôt que de vous emmener d’un point A à un point B. À ce moment là, la maison fera autant partie de l’expérience de mobilité que la voiture. C’est une période où vous pourrez déléguer au « véhicule », où il pourra payer, effectuer des transactions et accomplir des tâches pour vous ».

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