BYOD : les entreprises françaises dépassées ?Analyse – La pression des salariés pour connecter leurs terminaux personnels au SI de l’entreprise est de plus en plus forte. Et le refus des DSI est bien souvent contourné, révèle une étude d’IDC…

De plus en plus équipés de smartphones haut de gamme, les Français veulent pouvoir utiliser leurs terminaux personnels à des fins professionnelles, notamment en le connectant au SI de l’entreprise. C’est le fameux phénomène du BYOD (bring your own device).

Selon une étude d’IDC pour le compte de Bouygues Telecom Entreprises, 40% des salariés français interrogés ont demandé à la direction informatique d’ouvrir le SI à leurs outils personnels. « La pression est de plus en plus forte, elle est même parfois menaçante », souligne Nathalie Feeney, analyste pour le cabinet d’analyses.

Néanmoins, les entreprises restent réticentes à cette idée, effrayées par les conséquences sur la sécurité des données ou encore l’intégrité du SI malgré les bénéfices apportés (plus de productivité, économies etc…).

Ainsi, 71% des DSI interrogées refusent catégoriquement d’autoriser les salariés à utiliser leurs smartphones personnels dans le cadre de leur travail. Le taux monte à 89% pour les tablettes tactiles. 

Les salariés initiateurs du phénomène et en même temps victimes

Dans le même temps, 52% des salariés interrogés déclarent utiliser leurs outils personnels pour accéder au SI de leur entreprise (20% le font souvent)… « Les salariés outrepassent le refus d’accès par les DSI », souligne l’étude.

« Les entreprises sont dépassées », ajoute Nathalie Feeney. « Elles ont du mal à prendre la mesure du problème, notamment parce que les DSI ont la tête sous l’eau, préoccupées par des chantiers jugés comme stratégiques comme les migrations de postes. Elles ne réagissent pas aussi vite que la pénétration rapide des terminaux personnels dans leurs murs ».

Par ailleurs, moins de la moitié (48%) des entreprises mettent en place une stratégie spécifique pour intégrer la mobilité à la stratégie du SI. Pire, 52% n’ont rien prévu d’ici 24 mois.

Pourtant les solutions existent. De nombreux éditeurs ou fabricants proposent désormais des outils MDM (mobile devices management) afin de gérer de manière centralisée ces terminaux externes et hétérogènes. Des outils qui permettent de renforcer la sécurité des données de l’entreprise et de séparer les contenus pros des contenus personnels.

Mais les cycles de décision sont lents. « Il y a une croissance forte de ce marché qui progressera cette année en Europe de 39%. Mais la généralisation de ce type d’outils n’est pas encore pour demain. Pour le moment, les entreprises doivent subir le phénomène et faire avec. Le phénomène est récent, les bonnes pratiques ne sont pas encore identifiées », ajoute l’analyste d’IDC.

Si le BYOD provoque des remous au sein des directions informatiques, il pourrait également à terme modifier considérablement les conditions de travail des salariés. Des modifications qui commencent déjà à apparaître.

72% des salariés équipés travaillent durant leurs loisirs

Selon IDC, 72% des salariés équipés d’un smartphone ou d’une tablette en profitent pour travailler avec sur leur temps personnel (63% durant le week-end, 54% en vacances, 41% devant la TV…). De quoi faire émerger un télétravail non formalisé et aux pratiques non encadrées.

« Si elle présente des avantages pour le salarié et l’entreprise, cette abolition progressive de la frontière entre vies personnelles et professionnelle nécessite un encadrement des usages afin de ne pas conduire le salarié à une situation de connexion permanente et donc un risque de sur-sollicitation », note IDC.

En somme, le salarié est en train de créer lui même les conditions pour abolir la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle, pour déréguler les temps de vie. « Les salariés ressentent qu’inévitablement cette flexibilité fragilise l’équilibre vie privée/vie professionnelle ». Pourtant ce sont ces mêmes salariés qui ont adopté massivement les outils et donnent l’impulsion pour la transformation des modes de travail », ajoute l’institut.

L’avenir sera certainement synonyme d’abus en tous genres. Du salariés ‘always-on’ travaillant en fait tout le temps (le fameux fil à la patte) et de l’entreprise tentée de le solliciter à tout moment. D’où le nécessaire encadrement des pratiques à travers des chartes d’entreprises précises où les limites sont clairement posées. Mais ces chartes sont encore loin d’être courantes.

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