Après la sécurité, l’immigration, la politique sanitaire, voici que la 5G se pose en nouvelle fracture idéologique au sein de la classe politique française. Alors que l’appel d’offres pour l’octroi des fréquences nécessaires au déploiement de la nouvelle génération de technologies mobiles débutera le 29 septembre prochain sous l’égide de l’Arcep, son utilité est aujourd’hui remise en cause par certains élus de gauche. Dans une tribune publiée ce week-end dans les colonnes du Journal du Dimanche, des élus écologistes et Insoumis ont en effet appelé à suspendre, « au moins jusqu’à l’été 2021 », le déploiement de la 5G en plaidant son impact environnemental et sanitaire présumé.

Pour ces derniers, le déploiement de la 5G « intervient sans étude d’impact climatique et environnemental, ni aucune consultation publique préalable », alors même que « l’utilité réelle de la 5G est loin d’être aussi évidente que le prétendent les opérateurs ou le gouvernement ». Et de s’appuyer sur un prétendu « effet rebond » – dont l’existence est loin d’être avérée – pour conclure que la généralisation de la 5G aboutira mécaniquement à une « hausse de la consommation de données et d’usage des télécommunications, synonyme d’une très forte consommation d’énergie par la sollicitation des antennes et des serveurs ».

S’il est vrai qu’aucune étude n’a, pour l’heure, établi de l’innocuité de la 5G et de son absence d’impact environnemental, faute de données disponibles, faut-il pour autant faire primer le principe de précaution sur l’innovation ? La question divise aujourd’hui la classe politique, y compris dans les rangs même de l’opposition.

Interrogé sur France Info le lendemain de la publication de cette tribune qu’il avait pourtant signée, le député européen et chef de file d’Europe-Ecologie Les Verts (EELV) Yannick Jadot a indiqué pour sa part être « convaincu que [la 5G] pourrait contribuer à la transition écologique dans certains secteurs »… tout en réclamant la tenue d’un débat public et de davantage de pédagogie sur la question.

Emmanuel Macron met de l’huile sur le feu

Alors que la classe politique ne s’était pour l’heure pas vraiment saisie de la question, la 5G semble donc désormais dessiner une grossière ligne de fracture idéologique entre tenants et opposants de l’innovation… pour son plus grand malheur. Rappelons en effet que ce que l’on trouve sous l’acronyme de 5G ne recouvre qu’un ensemble de technologies principalement destinées à optimiser l’exploitation de fréquences radioéléctriques, adoptées à partir de la norme 3GPP-R15 (et surtout 3GPP-R16) par l’organisme mondial chargé de la standardisation des spécifications techniques pour les réseaux mobiles de nouvelle génération.

Las, alors que le sujet mériterait davantage de pédagogie et de recul – comme le réclame depuis plusieurs mois le président de l’Arcep Sébastien Soriano – il est désormais galvaudé dans ce qui pourrait grossièrement se ramener à une querelle entre « anciens » et « modernes », qui semble n’avoir plus rien de rationnel. Un écueil dans lequel s’est également engouffré le président de la République, Emmanuel Macron, qui n’a pas manqué de remettre de l’huile sur le feu ce lundi, lors d’une rencontre organisée à l’Elysée avec une centaine de représentants de la French Tech.

« Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine », a ainsi déclaré le chef de l’Etat, qui se fait le chantre de l’innovation en réduisant les opposants à la 5G à ceux qui préféreraient le « retour à la lampe à huile ». « J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine », a ajouté ce dernier, faisant référence à cette communauté religieuse américaine connue pour son hostilité à certaines technologies.

Des remarques qui ne devraient pas contribuer à calmer le jeu politique qui se noue autour de l’utilisation de la 5G, alors même que la France accuse désormais un retard considérable sur ses voisins européens, dont une grande majorité dispose d’ores et déjà de réseaux en cours de déploiement. Reste désormais à voir si l’inflammation du débat public sur la question n’entravera pas le bon déroulement de la course aux fréquences 5G, qui entrera dans son sprint final à compter du 29 septembre prochain.

Un rapport bienvenu pour rassurer ?

Alors que la 5G possède son lot de détracteurs, ses défenseurs pourront toutefois compter sur un rapport de différentes autorités administratives – l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), l’inspection générale des finances (IGF), le conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) et le Conseil général de l’économie (CGE) – pour apporter différents arguments pour soutenir la nouvelle génération de technologies mobiles.

Hasard du calendrier, c’est en effet alors que la querelle politique que ce rapport, qui devait initialement être publié la semaine passée, a été dévoilé au public et remis à l’exécutif. D’emblée, ses auteurs se veulent rassurant. « L’exposition des différents publics aux ondes électromagnétiques, qui demeure, sauf exceptions, très en-deçà des valeurs limites communément  admises, devrait rester modérée dans la première phase du déploiement de la 5G », estiment ces derniers, qui appellent toutefois à bien différencier les différentes bandes de fréquences utilisées pour la 5G, à savoir la bande des 3,5 GHz et celle – dites millimétriques – des 26 GHz.

Concernant la bande-reine de la 5G, celle des 3,5 GHz, « les éléments disponibles à ce jour permettent d’estimer que l’introduction de la 5G en bande 3,5 GHz avec antennes actives ne générera pas de rupture en matière d’exposition dans les zones urbaines, où elle sera majoritairement déployée, par rapport aux évolutions observées avec les réseaux existants », indiquent-ils. Tout en reconnaissant que son déploiement pourrait « contribuer à une augmentation du nombre de points atypiques (c’est-à-dire soumis à un champ supérieur à 6 V/m, NDLR), ce qui devra faire l’objet d’une vigilance particulière ».

Pour autant, ces derniers appellent à porter plus d’attention sur le « recours ultérieur à la bande autour de 26 GHz, qui amènera des effets nouveaux restant à documenter ». Les auteurs de ce rapport sont toutefois d’accord sur ce point : en l’état des connaissances actuelles, et si la vigilance reste de mise, il n’y a pas d’inquiétudes à avoir concernant les effets sur la santé de la 5G, alors même que « moins de 1 % des mesures d’exposition effectuées annuellement par  l’ANFR dépassent le niveau retenu pour les points atypiques ». Ne reste donc que la question – éminemment politique celle-ci – des conséquences environnementales de la 5G, qui sera à laisser à l’appréciation de chacun… Et de la classe politique.

 

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